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CHAPTER THE
FOURTEENTH: DOCTRINE AND RATIONALE. THE EMBODIED 'CHILDREN OF THE
ELEMENTS', BOTH OF HEATHEN AND OF CHRISTIAN PERIODS
IL est avéré pour
les Théologiens et les Philosophes, que de la copulation de l’homme,
mâle ou femelle, avec le Démon, naissent quelquefois des hommes. Et
c’est de la sorte que doit naître l’Antichrist, suivant bon nombre de
Docteurs: Bellarmin, Suarez, Maluenda, etc. Ils observent en outre que,
par une cause toute naturelle, les enfans ainsi procréés par les Incubes
(Exterior Spirits, with more or less power, enabled to embody themselves
with male human characteristics, and drawn to earth with the desire to
form alliances with women--as hinted in the Bible), sont grands,
très-robustes, très-audacieux, très-superbes, et très-méchants. Voyez
là-dessus Maluenda; quant à la cause en question, il nous le donne
d’après Vallesius, Archiatre de Reggio.
'Ce que les Incubes introduisent in uteros n’est pas qualecumque, neque
quantumcumque--mais abondant, très-chargé d’esprits et sans aucune
sérosité. Ceci est d’ailleurs pour eux chose facile: ils n’ont qu’à
choisir des hommes chauds, robustes, et quibus succumbant; puis des
femmes de même tempérament, quibus incombant. Tels sont les termes de
Vallesius. Maluenda confirme ce qui a été dit plus haut, prouvant, par
le témoignage de divers Auteurs, classiques la plupart, que c’est à
pareilles unions que doivent leur naissance: Romulus et Rémus, d’après
Tite-Live et Plutarque; Servius-Tullius, sixième roi des Romains,
d’après Denys d’Halicarnasse et Pline l’Ancien; Plato le Philosophe,
d’après Diogène Laërce et Saint Jérôme, Alexandre le Grand, d’après
Plutarque et Quinte-Curce; Séleucus, roi de Syrie, d’après Justin et Appien; Scipion l’Africain, premier du
nom, d’après Tite-Live; l’empereur César-Auguste, d’après Suétone;
Aristomène de Messénie, illustre général grec, d’après Strabon et
Pausanias. Ajoutons encore l’Anglais Merlin or Melchin, né d’un Incube
et d’une Religieuse, fille de Charlemagne. Et, enfin, comme l’écrit
Cocleus, cité par Maluenda, ce Hérésiarque qui a nom Martin Luther.'
On lit aussi dans la Sainte Écriture, Genèse, chap. 6, verset 4, que des
géants sont nés du commerce des Fils de Dieu (the 'Angels of God') avec
les Filles des Hommes (the 'Daughters of Men'). Ceci est la lettre même
du texte sacré. Or, ces géants étaient des hommes de grande stature,
comme qu’il est dit dans Baruch, chap. 3, verset 26, et de beaucoup
supérieurs aux autres hommes. Outre cette taille monstreuse, ils se
signalaient encore par leur force, leurs rapines, leur tyrannie; aussi
est-ce aux crimes des Géants qu’il convient d’attribuer la cause
première et principale du Déluge, suivant Cornélius â Lapide, dans son
Commentaire sur la Genèse.
Ces animaux Incubi (spirits capable of incorporating themselves and of
borrowing forms to effect their purpose without 'alarming'--asserted to
be an 'essential Rosicrucian tenet') ces animaux naitraient-ils dans le
péché originel, et auraient-ils rachetés par le Seigneur Christ? La
grâce leur serait-elle conferèe, et par quels sacrements, sous quelle
loi vivraient-ils, et seraient-ils capables de Béatitude et de
Damnation?
Dans un monastère de saintes Religieuses vivait comme pensionnaire une
jeune vierge de noble famille, laquelle était tentée par un Incube qui
lui apparaissait jour et nuit, et, avec les plus instantes prières, avec
les allures de l’amant le plus passionné, la sollicitait sans cesse au
péché. Elle cependant, soutenue par la grâce de Dieu et la fréquentation
des sacrements, demeurait ferme dans sa résistance. Mais malgré toutes
ses dévotions, ses jeûnes, ses vœux; malgré les exorcismes, les
bénédictions, les injonctions faites par les exorcistes à l’Incube de
renoncer à ses persécutions; en dépit de la multitude de reliques et
autres objets sacrés accumulés dans
la chambre de la jeune fille, des flambeaux ardents qu’on y entretenait
toute la nuit, l’Incube n’en persistait pas moins à lui apparaître comme
de coutume sous la forme d’un très-beau jeune homme. Enfin, parmi les
doctes personnages consultés, à ce propos, se trouva un Théologien d’une
grande érudition: lequel, observant que la jeune fille tentée était d’un
temperament tout à fait flegmatique, conjectura que cet Incube devait
être un démon aqueux (il y a en effet, comme en témoigne Guaccius, des
démons ignés, aériens, flagmatiques, terrestres, souterrains, ennemis du
jour).'
We may here remark that the above expresses some of the notions of the
Rosicrucians in regard to those that they denominate: 'Les Enfans
Aériens et Les Enfantes Aériennes', their Ondins and Ondines, their
Sylphs and Sylphides, their Gnomes and Gnomides, their Kebels, Kebelles
or Kobolds (Krolls or Krolles), and their Salamanders and Salamandrines.
'Le Théologien érudit ordonna qu’on fît immédiatement dans la chambre de
la jeune fille une fumigation de vapeur. On apporte en conséquence une
marmite neuve en terre transparente; on y met une once de canne
aromatique, de poivre cubèbe, de racines d’aristoloche des deux espèces,
de cardomome grand et petit, de gingembre, de poivre long, de
caryophyllée, de cinnamome, de canelle caryophyllée, de macis, de noix
muscades, de storax calamite, de benjoin, de bois d’aloès, et de
trisanthes, le tout dans trois livres d’eau-de-vie demipure; on place la
marmite sur des cendres chaudes, afin de faire monter la vapeur
fumigante, et l’on tient la chambre close. La fumigation fait arriver
l’Incube, mais qui, cette fois, n’osa jamais pénétrer dans la chambre.
Seulement, si la jeune fille en sortait pour se promener dans le jardin
ou dans le cloître, il lui apparaissait aussitôt tout en restant
invisible aux autres, et lui jetant ses bras autour du cou, lui dérobait
ou plutôt lui arrachait des baisers, ce qui faisait cruellement souffrir
cette honnête pucelle, Enfin, après nouvelle consultation, notre
Théologien ordonna à la jeune fille de porter sur elle de petites
boulettes composées de parfums exquis, tels que musc, ambre, civette,
baume de Pérou et autres. Ainsi munie, elle s’en alla se promener dans
le jardin où sur-le-champ lui apparut l’Incube, furieux et menaçant;
toutefois, il n’osa point l’approcher, et après s’être mordille le doigt,
comme s’il méditait une vengeance, il disparut pour ne plus
revenir.--Confesseur de Nonnes, homme grave et très-digne de foi.'
Je sais que beaucoup de mes lecteurs, la plupart peut-être, diront de
moi ce que les Epicuriens et bon nombre de Philosophes Stoïciens
disaient de S. Paul (Actes des Apôtres, c. 17, v. r8): 'Il semble qu’il
annonce des divinités nouvelles', et tourneront ma doctrine en ridicule.
Mais ils n’en seront pas moins tenus de détruire les arguments qui
précèdent, de nous dire ce que c’est que ces Démons Incubes,
vulgairement appelés Follets, qui n’ont peur ni des exorcismes, ni des
objets sacrés, ni de la Croix du Christ; et enfin de nous expliquer les
divers effets et phénomènes relatés par nous dans l’exposition de cette
doctrine.
The above passage is very curious, since it gives the key (a matter
which has puzzled every speculator) as to the meaning of the masquerade
and 'Folly' and antic system which prevails in the Catholic application
of the Christian Doctrine at the 'Pre-Lent' period, and the recurring
Festivals, or the Jovial, Mercurial, Venus-patronized periods. Folle:
Follets (m), Follettes (f), Folletins (m.), Folletinnes (f). These are
the names of the male and female masquerading, gambolling 'Follies', or
Fays or Elves or Sprightly Spirits -- under their various fanciful names,
and in their picturesque, sportive, masquerading disguises -- the
'pied-populace' of that 'world-turned-upside-down', in the general male
and female interchange and frolicsome 'Glorying' -- the Carnival, or
Grotesque (in reality, religious) Celebration of all countries. Dancing
is also sacred in certain senses. The 'Precentor' of the Cathedrals was
originally the Leader of the Choirephists, or Chorephists, or Corephests.
Thence Coriphes, or Coryphées, for female dancers.
Luxure et humidité sont deux termes correspondants: ce n’est pas sans
raison que les Poëtes ont fait naître Vénus de la mer, voulant indiquer,
comme l’expliquent les Mythologues, que la luxure a sa source
dans l’humidité. Lorsque les Incubes s’unissent aux femmes dans leur
corps propre et naturel, sans métamorphose ou artifice, les femmes ne
les voient pas, ou, si elles les voient, c’est comme une ombre presque
incertaine et à peine sensible. Quando vero volunt se visibiles amasiis
reddere, atque ipsis delectationem in congressu carnale afferre, sibi
indumentum visibile assumunt, et corpus crassum reddunt. Par quel art
(magic), ceci est leur secret. Notre philosophie à courte vue est
impuissante à le découvrir.
Hector Boethius, Hist. Scot., raconte aussi le cas d’un jeune Ecossais
qui, pendant plusieurs mois, reçut dans sa chambre, quoique les portes
et fenêtres en fussent hermétiquement (note: this word comes from the
'Hermetic Brothers', or the Rosicrucians) fermées, les visites d’une
Diablesse Succube (as it was supposed or assumed, perhaps wrongfully) de
la plus ravissante beauté; caresses, baisers, embrassements,
sollicitations, cette Diablesse (or Temptress) mit tout en œuvre, ut
secum--ce qu’elle ne put toutefois obtenir de ce virtueux jeune homme. A
worthy example to youth: 'especially in this generation' will be an
exclamation vividly rising to the mind of the reader.
D’autres fois aussi le Démon, soit incube, soit succube, s’accouple avec
des hommes ou des femmes dont-il ne reçoit rien des hommages, sacrifices
ou offrandes qu’il a coutume d’imposer aux Sorciers et aux Sorcierès,
comme on l’a vu plus haut. C’est alors simplement un amoureux passionné,
n’ayant qu’un but, un désir: posséder--la personne qu’il aime. Il y a de
ceci une foule d’exemples, qu’on peut trouver dans les Auteurs, entre
autres celui de Menippus Lycius, lequel, après avoir maintes et maintes
fois--avec une femme, en fut prié de l’épouser; mais un certain
Philosophe, qui assistait au repas de noces, ayant deviné ce qu’était
cette femme, dit à Menippus
qu’il avait affaire à une Compuse, c’est-à-dire à une Diablesse Succube;
aussitôt notre mariée s’évanouit en gémissant.--Lisez là-dessus Cœlius
Rodiginus, Antiq., livre 29, chap. 5.
These extraordinary narrations
form the basis, and supply the material, for Keats's poem Lamia and
Coleridge's poetic sketch 'Christabel'.
Nous avons de plus, à l’appui de notre thèse, l’Evangile de S. Jean, ch.
10, v. 16, où il est dit: 'J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas
de cette bergerie: il faut aussi que je les amène, et elles entendront
ma voix, et il n’y aura qu’une seule bergerie et qu’un seul berger.’ Si
nous demandons quelles peuvent être ces brebis qui ne sont pas de cette
bergerie, et quelle est cette bergerie dont parle le Seigneur Christ,
tous les Commentateurs nous réspondent que la seule bergerie du Christ
c’est l’Eglise, à laquelle la prédication de l’Evangile devait amener
les Gentils, qui étaient d’une autre bergerie que celle des Hebreux.
Pour eux, en effet, la bergerie du Christ, c’était la Synagogue, d’abord
parce que David avait dit (Psaume 95, v. 7): 'Nous sommes son peuple et
ses brebis qu’il nourrit dans ses pâturages’; puis, parce que la
promesse avait été faite à Abraham et à David que la Messie sortirait de
leur race, parce qu’il etait attendu par le peuple Hébreu, annoncé par
les Prophètes, que étaient Hébreux, et que son avénement, ses actes, sa
passion, sa mort et sa résurrection étaient comme figurés d’avance dans
les sacrifices, le culte et les cérémonies de la loi des Hébreux.
Les Anges ne sont pas tours de purs esprits: décision conforme du
deuxième Concile de Nicée. Existence de créatures ou animaux
raisonnables autres que l’homme, et ayant comme lui un corps et une âme.
Et quoi ces animaux diffèrent-ils de l’homme? Quelle est leur origine?
Descendent-ils, comme tous les hommes d’Adam, d’un seul individu? Y a-t-il
entre eux distinction de sexes? Quelles sont leurs mœurs, leurs lois,
leurs habitudes sociales? Quelle sont la forme et l'organization de leur
corps? Comparaison tirée de la formation du vin. Ces animaux sont-ils
sujets aux maladies, aux infirmités physiques et morales, à la mort?
Naissent-ils dans le péché originel? Ont-ils été rachetés par Jésus-Christ,
et sont-ils capables de béatitude et de damnation? Preuves de leur
existence.
De la Démonialité et des 'Animaux Incubes et Succubes' ('Children of the
Elements'); où l’on prouve qu’il existe sur terre des créatures
raisonnables outres que l’homme, ayant comme lui un corps et une âme,
naissant et mourant comme lui, rachetées par N. S. Jésus-Christ et
capables de salut ou de damnation. Par le R. P. Louis Marie Sinistrari
d’Ameno, de l’Ordre des Mineurs Réformés de l’étroite Observance de
Saint-François (xviie siècle). Publié d’après le Manuscrit original
découvert à Londres en 1872, et traduit du Latin par Isidore Liseux. (Seconde
Edition.) Paris, Isidore Liseux, 5 Rue Scribe, 1876.
A translation of this exceedingly curious book into English was
afterwards simultaneously published in London and Paris.
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